Du même auteur :

Politique et administration dans le Bas-Rhin
(1848-1870)

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François IGERSHEIM

L'Alsace et ses historiens 1680-1914
La fabrique des monuments



2006 • 32 €
526 p. • 16,5x24 cm

ISBN 13 : 978-2-86820-269-7
ISBN 10 : 2-86820-269-1


La «cathédrale» des monuments écrits restera à jamais inachevée : elle brûle en 1870 avec l’Hortus Deliciarum, double symbole, celui des temps anciens à jamais disparus, celui de la violence faite à l’Alsace annexée contre son gré. Aux nouveaux monuments écrits élevés par la science universitaire allemande, les Alsaciens préfèrent désormais «les restes du passé, disséminés dans les montagnes et les vallées de leur pays» (Rodolphe Reuss).
Ces monuments ou Denkmäler, que tous peuvent partager, sont l’expression éloquente de leur existence ! De toutes les cultures repérées, étudiées, revitalisées ou réinventées, il reste à déterminer ce qu’on veut retenir et mettre en valeur.
Dans cet ouvrage, François Igersheim recueille, avec minutie et pertinence, tous ces «monuments», qu’ils soient écrits, bâtis ou sculptés, à partir desquels s’écrit désormais l’histoire et se nourrit l’imaginaire d’une Alsace dont il n’a cessé de dessiner et de redessiner le paysage.

François Igersheim est professeur d’histoire de l’Alsace et membre honoraire du Conseil Économique et Social d’Alsace (CESA). Il enseigne à la Faculté des sciences historiques de l’Université Marc-Bloch de Strasbourg.



Table des matières


Introduction générale

I – AMOUR DE LA PETITE PATRIE, SPLENDEUR DES MONUMENTS DU PASSÉ

Chapitre 1 – Philippe-André Grandidier : l’abbé pressé
I. Les nouvelles orientations de la recherche historique française
II. Histoire de l’Église et des évêques-princes de Strasbourg
III. Histoire ecclésiastique, civile et militaire de la province d’Alsace
IV. Les Papiers de Grandidier

Chapitre 2 – La découverte des « monuments du génie allemand » et des « âmes fortes et rudes » : 1771-1785 !

I. L’essor des Sociétés « philanthropiques »
II. Deutsche Gesellschaft et Deutsche Kunst : le réveil de la culture populaire allemande
III. L’Université de Strasbourg et les successeurs de Schoepflin

II – TABLES RASES ET NOSTALGIES : RÉVOLUTIONS ET RESTAURATIONS (1789-1830)

Chapitre 3 – Nouvelles identités départementales, nouveaux vecteurs d’opinion et nostalgie des anciennes patries

I. Le Bas-Rhin et Strasbourg
II. Le Haut-Rhin et Colmar
III. La nouvelle Direction nationale des recherches
IV. Les départements français du Rhin : politiquement français, culturellement allemands ?
V. Fabriques d’historiens : les collèges municipaux d’Alsace

Chapitre 4 – La Restauration : les redécouvertes
I. « La France, riche en monuments »
II. Le retour aux Archives : les sources écrites

III – GUIZOT ET LA POLITIQUE DES MONUMENTS DE L’HISTOIRE : MONUMENTS ÉCRITS, MONUMENTS BÂTIS

Chapitre 5 – L’Alsace et les monuments écrits de l’histoire de France

I. Initiatives françaises et monuments d’Alsace
II. Les publications de sources en Alsace : un chantier ouvert
III. Le congrès scientifique de 1842 : un bilan de la recherche alsatique
IV. La conservation des monuments de papier : le service départemental des Archives
V. Les Archives et la Bibliothèque de Strasbourg

Chapitre 6 – Les monuments « archéologiques »

I. L’architecture départementale
II. La création et le fonctionnement de la commission des Monuments historiques
III. Les batailles bas-rhinoises des «antiquaires »
IV. Le « phare des enfants de l’Alsace » : la cathédrale de Strasbourg
V. Gustave Klotz, architecte de l’Œuvre Notre-Dame
VI. La réorganisation de l’architecture des cultes

Chapitre 7 – La renaissance colmarienne : le projet urbain de conservation et d’exposition
I. Le patrimoine de Colmar : l’ère Hugot
II. La sociabilité scientifique et l’histoire d’Alsace
III. La Société de Martin Schoengauer
IV. Colmar et l’après-Hugot

IV – INCITATIONS NATIONALES ET MISSIONS DES PROVINCES : LES ENRACINEMENTS (1851-1870)

Chapitre 8 – La décentralisation savante : des comités orléanistes aux comités des Travaux historiques et des Sociétés savantes de l’Empire

I. Les comités sous la République : la continuité
II. Fortoul : le comité de la langue, de l’histoire et des arts
III. Rouland et Duruy : la décentralisation à l’ordre du jour ; le comité des Travaux historiques et des Sociétés savantes

Chapitre 9 – Les enracinements : les premières revues régionales
I. L’essor de l’instruction publique et les premières revues
II. L’Alsatia de Strasbourg à Mulhouse : la chaîne continue d’une histoire et d’une culture, des chants et de la foi
III. Le Vieux-Mulhouse : les Archives et la Bibliothèque de la ville de Mulhouse
IV. La place centrale de l’histoire d’Alsace dans la vie intellectuelle de l’Alsace : Colmar et la Revue d’Alsace
V. La Revue Catholique d’Alsace
VI. Le succès des « alsatiques » et l’ouverture sur la « France de l’Est »

Chapitre 10 – La Société pour la conservation des Monuments historiques d’Alsace
I. Une initiative du préfet Migneret : la création de la Société
II. La conservation des monuments historiques
III. Une société « alsacienne » et la reconnaissance de la spécificité haut-rhinoise
IV. Les grandes entreprises de la Société

Chapitre 11 – Une bataille perdue : les monuments écrits de l’histoire d’Alsace
I. Les éditeurs allemands
II. Le grand atelier alsacien : les Scriptores Rerum Alsaticarum
III. Les chroniques strasbourgeoises sauvées dans la Chronik der Deutschen Städte de Hegel

V – LE JARDIN FOUDROYÉ (1870) : MORT ET RENOUVEAU DES MONUMENTS ÉCRITS ?

Chapitre 12 – Mort et renouveau des monuments écrits

I. Reconstituer la bibliothèque d’une ville allemande
II. Le devoir et l’honneur de Strasbourg : reconstituer une nouvelle bibliothèque municipale
III. La bibliothèque d’un Land : la section des Alsatiques

Chapitre 13 – L’Université et sa mission nationale : l’historiographie d’un Land allemand

I. L’Université allemande de Strasbourg
II. La place de l’Université dans l’historiographie de l’Alsace
III. L’organisation de la recherche sur l’histoire d’Alsace : les Monumenta Alsatiae Historica ?
IV. L’Institut d’Histoire et l’ère Bresslau
V. Une Université incapable de prendre racine : science catholique et recherche sans a priori
VI. Le débat historiographique allemand et l’Alsace : les Historiker Tage

Chapitre 14 – Monuments écrits : les archives d’Alsace

I. Les Archives départementales
II. Les Archives municipales de Strasbourg
III. Les archives et la bibliothèque municipales de Colmar
IV. La Société industrielle et la Société historique : investir dans le « Vieux-Mulhouse »
V. Les archives des petites villes

Chapitre 15 – L’atelier de l’historiographie universitaire allemande en Alsace : la Zeitschrift für die Geschichte des Oberrheins

I. L’ami et le modèle de Karlsruhe : Franz-Josef Mone
II. La Badische Historische Kommission, la Zeitschrift für die Geschichte des Oberrheins et l’Alsace
III. La Zeitschrift für die Geschichte des Oberrheins alsacienne

Chapitre 16 – Le Club Vosgien : histoire, hommes, paysages

I. La fondation du Club Vosgien
II. L’histoire, la langue, la littérature d’Alsace
III. La Société historique et littéraire du Club Vosgien
IV. L’Annuaire pour l’histoire, la langue et la littérature de l’Alsace-Lorraine
V. L’enracinement dans le local

VI – LE PASSÉ DISSÉMINÉ SUR LES MONTAGNES ET DANS LES VALLÉES DE NOTRE PAYS (1872-1914)

Chapitre 17 – L’Alsace est toujours là : la Société pour la conservation des Monuments historiques

I. La survie de la Société
II. Les débuts de la présidence Straub : priorité à la conservation
III. La période archéologique
IV. Le souci de la conservation
V. La présidence Dacheux, et l’union de tous les Alsaciens, autour des restes du passé : églises et châteaux d’Alsace
VI. Le tournant de l’histoire de la Société : la tentative de réforme de Wiegand (et Bresslau)
VII. 1906 : le cinquantenaire et la crise surmontée ?
VIII. La vieille Société dépassée par la nouvelle loi sur les Associations (1908)
IX. La relève et l’effacement

Chapitre 18 – Des monuments aux paysages : les monuments historiques
I. Les Travaux publics après l’annexion
II. Le service de l’architecture publique
III. Le service des Monuments historiques : un conservateur et un architecte, Kraus et Winkler, Straub et Winkler
IV. Le Parlement d’Alsace-Lorraine et les Monuments historiques
V. « Denkmalpflege »
VI. La réforme de l’architecture publique : une commission des bâtiments civils du Land
VII. La protection de l’image des villes et villages
Conclusion : le monument historique élargi au paysage et sa représentation

VII – L’ALSACE REFUSÉE PAR L’UNIVERSITÉ, LES NOUVEAUX ENRACINEMENTS ET LA FÉDÉRATION

Chapitre 19 – Le défi de la
« France de l’Est »
I. La Faculté des Lettres de Nancy et les historiens français de l’Alsace
II. La chaire d’histoire de l’Est de la France

Chapitre 20 – La politique de l’Histoire : du refus de l’encadrement à la Fédération des Sociétés d’histoire

I. Un modèle : la Société lorraine de Metz
II. Le projet de commission historique d’Alsace-Lorraine
III. Le refus par l’Institut d’Histoire d’une chaire d’histoire d’Alsace

Chapitre 21 – La « Jeune Alsace Historique » et la Fédération alsacienne des Sociétés d’histoire

I. la « Jeune Alsace » historique
II. L’aboutissement : la Fédération alsacienne des Sociétés d’histoire

CONCLUSION GÉNÉRALE

Sources
Bibliographie
Index nominum