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Frédéric THEBAULT

Le patrimoine funéraire en Alsace. 1804-1939
Du culte des morts à l'oubli


2004 • ISBN 2-86820-219-5
400 pages + 26 planches couleurs • 16,5x24 cm
PRIX : 32 €


Le patrimoine funéraire demeure souvent ignoré. Il est des municipalités qui n’hésitent pas à faire disparaître des monuments anciens (peut-être des chefs-d’œuvre de sculpture ?) sous prétexte que les tombes ne sont plus entretenues ou que les cimetières manquent de place. Les recherches de Frédéric Thebault permettent de découvrir cette facette de l’histoire régionale à partir de plus de 2 000 œuvres réparties sur l’ensemble de l’espace alsacien de 1800 à 1939. Il étudie à la fois les matériaux, les formes, les symboles utilisés mais aussi les inscriptions. Cette étude très neuve nous instruit sur les relations familiales entre parents et enfants, sur les attitudes face à la mort, sur les représentations de l’au-delà. Nous voyons apparaître aussi les tailleurs de pierre et les artisans sculpteurs, professions souvent méconnues.
Cet ouvrage très novateur représente un apport majeur à l’histoire culturelle et religieuse de l’Alsace, à celle des différences entre catholiques et protestants, à celle des langues employées (allemand, français ou latin), comme à celle des représentations, des sensibilités et des mentalités.

Frédéric Thebault est enseignant-chercheur en histoire aux écoles d'officiers de Saint-Cyr Coëtquidan.



Table des matières

Préface de Bernard Vogler
Introduction

PREMIÈRE PARTIE : LES MONUMENTS FUNÉRAIRES, UNE SOURCE ORIGINALE : DÉFINITIONS ET MÉTHODES

Chapitre I : DÉFINITIONS ET LIMITES DU CHAMP DE RECHERCHE DE CETTE ÉTUDE
I – Définitions
Qu’est ce qu’un « monument funéraire » ? • Un indicateur d’histoire des mentalités ? • Le terme de « culte » des morts, quelques réserves
II – Les limites de l’étude
Le cadre géographique • Le cadre chronologique (Limite basse : 1804 et le Décret de prairial an XII – Date butoir : l’année 1939, veille d’un cataclysme qui allait figer les cimetières pendant près de vingt ans) • Le cadre confessionnel • Le cadre de l’étude • Le « mobilier funéraire »

Chapitre II : ÉTAT DES LIEUX DE CETTE « SOURCE HISTORIQUE » EN RÉGION ALSACE

I – Les altérations d’origine naturelle
Les dégradations de nature physique • Les attaques chimiques • Les détériorations d’origine biologique
II – Les destructions humaines
Les destructions involontaires • Les destructions volontaires (Le nivellement révolutionnaire et l’égalité devant la mort – La disparition des monuments funéraires après les troubles révolutionnaires – Évolution de la législation vers une reprise des concessions perpétuelles – Au milieu des années 1950-1960 – De nos jours)
III – La conservation des monuments funéraires anciens
État de la législation en la matière • Les différents programmes de conservation du patrimoine funéraire

Chapitre III : MÉTHODOLOGIE

I – Le choix des sites retenus pour cette étude
Sélection des communes sur critères confessionnels et économiques (Estimation confessionnelle et évolution de la population – Aperçu du niveau économique des grandes régions alsaciennes au 19e siècle) • Les différents inventaires disponibles • État des communes constituant les différents sites retenus (Communes aisées à dominante catholique – Communes économiquement défavorisées à dominante catholique – Communes aisées à dominante protestante (luthérienne) – Communes pauvres à dominante protestante – Communes aisées à dominante calviniste) • Établissement d’une fiche signalétique par commune (L’historique du cimetière – Le plan du cimetière)
II – Le recensement des monuments funéraires : la création d’une fiche d’inventaire
Localisation et conservation du monument • Les inscriptions (Déchiffrer les inscriptions – Le cas particulier de la mention du nom du fabricant – Définir la langue de l’épitaphe) • La datation (Étude de l’aspect général du monument – Étude des inscriptions – Les tableaux d’activité des artisans du funéraire – La méthode des carrés – Les limites de telles méthodes)  • Nomenclature des monuments funéraires (Les éléments verticaux – Les éléments horizontaux) • Relevé du monument (Les dimensions – Les matériaux – La description du monument – La présence d’une bordure et d’une protection)
III – Détermination de la confession et du milieu social des personnes inhumées
Où trouver ces renseignements ? (Les registres d’état civil présents dans les mairies – Archives paroissiales catholiques et protestantes – Les concessions de terrains dans les cimetières) • Limites de cette méthode (La profession d’un défunt est-elle représentative de l’aisance d’une famille ? – Les corps rapatriés)
IV – Le traitement des données
V – Des témoignages oraux comme source historique
Le choix des enquêtés • Le déroulement des entretiens • La collecte et l’exploitation des données orales

DEUXIÈME PARTIE : LA LÉGISLATION SUR LES CIMETIÈRES ET LES INHUMATIONS ET SES CONSÉQUENCES

Chapitre IV : LES CONDITIONS D’INHUMATION AVANT LE DÉCRET DE PRAIRIAL AN XII

I – Les inhumations avant le Décret de prairial an XII
Les inhumations jusqu’au milieu du18e siècle • Les inhumations dans la seconde moitié du 18e siècle (La Déclaration royale du 10 mars 1776 – L’application de cette Déclaration royale en Alsace)
II – L’état des cimetières dans le Haut-Rhin à l’aube du 19e siècle à travers les résultats de l’enquête de l’an XII
Données constitutives de l’enquête • Quelques réserves sur les résultats de l’enquête (Les renseignements démographiques – Le problème des unités de mesure) • Exploitation des résultats de l’enquête (Réponses aux questions sur « l’état actuel des cimetières »)
III – Sur l’existence de monuments funéraires au siècle des Lumières
Conclusions à partir des résultats de l’enquête de 1804 sur les lieux d’inhumation • Étude des monuments funéraires antérieurs à 1800 en Alsace (Leur localisation – L’origine des monuments les plus anciens) • Éléments d’étude de ces monuments (Conservation – Emplacement – Les matériaux – Les dimensions – Les inscriptions – Décorations et symboles)

Chapitre V : DU DÉCRET DU 23 PRAIRIAL AN XII (12 JUIN 1804), À L’ORDONNANCE DE 1843
I – Le Décret de prairial entre novation et continuité
Les lieux consacrés aux inhumations • Les conséquences de ces articles et leur application en Alsace (Les inhumations à l’intérieur des édifices cultuels – L’étendue des lieux consacrés aux inhumations – Les créations et translations de cimetières)
II – L’aspect novateur du Décret de prairial : concessions de terrains et leurs conséquences
Les concessions de terrain • Les concessions de terrain au cimetière : un privilège à la richesse ? • La multiplication des concessions
III – La circulaire du ministre de l’Intérieur en date du 20 juillet 1841 en Alsace
Le contenu de cette circulaire • Étude du compte-rendu de la session du conseil général du Haut-Rhin consacrée à cette circulaire • Étude du compte-rendu de la session du conseil général du Bas-Rhin consacrée à cette circulaire
IV – La création des cimetières inter-confessionnels et leurs conséquences
L’application de l’article 15 du Décret de prairial en Alsace (L’article 15 : un problème insoluble pour les catholiques – La multiplication des situations conflictuelles) • L’article 15, source de conflits entre catholiques (La solution de l’administration allemande au problème – Vers un apaisement des situations conflictuelles)

Chapitre VI : L’ORDONNANCE ROYALE DU 6 DÉCEMBRE 1843

I – Présentation de l’Ordonnance et de son contenu
La police des cimetières • Les translations de cimetières • Les concessions perpétuelles : un maintien sous la pression
II – L’application de l’Ordonnance de 1843 et ses conséquences
Les translations de cimetières • Les votes de tarifs de concessions • Les montants de ces différents tarifs : une incitation à l’achat de concessions • L’engouement pour les concessions perpétuelles
III – La multiplication des monuments funéraires, fruit de leur « popularisation »
Le 19e siècle, théâtre d’un mouvement ininterrompu de création de monuments funéraires • Monuments funéraires et évolution de la population • Étude des milieux professionnels pour lesquels sont réalisés ces monuments. Vers une popularisation des monuments funéraires (Étude de la tendance générale sur la période – Étude des milieux professionnels dans les différents sites – Étude des milieux professionnels qui ont fait réaliser des monuments avant l’Ordonnance de 1843 – L’Ordonnance de 1843 et la popularisation des monuments funéraires – La Première Guerre mondiale : un frein plus qu’une rupture) • Conséquences de cet engouement pour les monuments funéraires

Chapitre VII : UNE POPULARISATION FAVORISÉE PAR LA CRÉATION D’UN RÉSEAU LOCAL D’ARTISANS DU FUNÉRAIRE

I – Les artisans du funéraire : des sculpteurs-tailleurs de pierre
Les premiers fabricants connus 1834-1871, la quête d’artisans lointains • Les sculpteurs, maîtres du marché du funéraire (Les artisans lointains ont-ils une production particulière ? – N’y avait-il pas d’artisans capables de telles réalisations dans la région de Thann ?– Quels sont ceux qui peuvent se permettre d’avoir recours à des artisans éloignés de plusieurs dizaines de kilomètres ? – Le problème du transport des monuments)
II – L’implantation d’un réseau local de fabricants
Une dynastie de sculpteurs : les Kugler de Hommarting • Les fabricants de proximité (Les premiers à s’implanter – Les conséquences de la Première Guerre mondiale sur ce tissu d’artisans locaux)
III – L’implantation de fabricants loin de toute carrière
Les premiers grands fabricants de monuments funéraires (Dans le canton de Thann – Dans le canton de Saint-Amarin) • Les artisans locaux s’emparent du marché (La preuve par les chiffres ? – Conclusions sur les conséquences de l’implantation de ce réseau local de fabricants)
IV – Sur l’apparition d’un réseau local de fabricants dans les sites de Ferrette, Barr et Berg
Étude du site de Ferrette • Le site de Barr • Le site de Berg

TROISIÈME PARTIE : Étude analytique des monuments funéraires

Chapitre VIII : LES MATÉRIAUX, STYLES ET TYPES DE MONUMENTS

I – Les matériaux des monuments funéraires antérieurs à 1914 dans les cantons de Thann et Saint-Amarin
Les monuments antérieurs à 1843 • Évolution des matériaux entre 1843 et 1870 (De 1843 à 1860 : le grès gris monopolise le funéraire – De 1861 à 1870 : le grès gris s’est imposé, le marbre blanc continue sa progression) • 1871-1914 : le cimetière change de visage (La quête du marbre blanc – Le granite détrône le grès)
II – Le succès du granite dans le funéraire
Les différents degrés d’ouvrage du granite funéraire • Le polissage du granite : « un travail de romain » • Les raisons de l’engouement pour le granite (Le développement du granite fruit d’une révolution technologique ? – Les qualités du granite)
III – Les conséquences de 1914-1918
La continuité • Une innovation : le granito  • Conclusions sur les conséquences de la Première Guerre mondiale en matière de monuments funéraires dans les cantons de Thann et Saint-Amarin • L’arrivée de « graniteux » italiens • L’évolution des matériaux dans les autres sites sujets de cette étude (Le site de Ferrette – Le site de Barr – Le site de Berg)
IV – Monument funéraire et ostentation
Évolution de la hauteur des monuments funéraires verticaux entre 1805 et 1939 • Étude d’un paradoxe (La motivation du choix pour un élément vertical ou horizontal – Quels sont ceux qui optent pour un élément horizontal ? – Type d’élément et religion)

Chapitre IX : APPORTS DE L’ÉTUDE DES INSCRIPTIONS
I – Support et types d’inscription
Le support de l’inscription • La nature des inscriptions : une différence de coût d’après la technique utilisée (Le relief – La dorure – Les lettres en plomb – Les caractères métalliques – Le gothique)
II – Étude de la langue utilisée pour l’inscription
La langue des épitaphes de 1808 à 1870 (Les inscriptions allemandes dans les milieux aisés – Localisation géographique des épitaphes allemandes – Les conséquences de la politique linguistique menée par la France en Alsace) • La langue des épitaphes sous la domination allemande : 1871-1939 • L’allemand dans les cimetières des sites de Ferrette, Barr et Berg
III – La naissance d’un culte familial du souvenir
Évolution du contenu des inscriptions • L’apparition de ce culte (À qui sont dédiés les monuments funéraires ? – Sur la présence de grilles et de chaînes pour délimiter les concessions – De 1871 à 1914 : le tombeau devient familial – Les enseignements de cette étude sur les monuments individuels, les monuments pour couples et les caveaux)  • Les mentions familiales (Le statut de la femme à travers les épitaphes – L’honneur rendu aux enfants par les familles – Le triomphe de la « Famille » s’affiche désormais) • La quête des honneurs publics à travers les épitaphes (Professions et mandats mentionnés dans les cantons de Thann et Saint-Amarin – Professions mentionnées dans les autres sites étudiés)
IV – Les inscriptions laïques, psaumes et formules pieuses
Les inscriptions laïques (Signification et raison d’être des inscriptions laïques – Inscriptions laïques et milieu professionnel) • Les témoignages de foi (L’exorde de l’épitaphe – Le monument funéraire support de l’expression de sa foi – Milieu professionnel et expression de la foi)

Chapitre X : LES SYMBOLES, PISTES D’ANALYSES ET NOMENCLATURE
I – De la réalité de la mort à l’idéalisation romantique
Les symboles macabres : « sois prêt à mourir » • Le cimetière : un jardin fleuri • Le monument symbolique
II – Granite : propreté, résistance et symboles
L’apparition du granite sonne le glas des symboles • La couleur du granite est-elle significative d’une évolution de la sensibilité par rapport à la mort ?
III – De la croix de Vie à la croix funéraire
Des croix plus nombreuses et plus hautes • Les croix témoignent-elles d’un renouveau de la foi chrétienne ?
IV – Nomenclature et présentation des symboles et éléments décoratifs présents dans les cimetières alsaciens

Planches hors-texte : Symboles et éléments décoratifs présents dans les cimetières alsaciens

CONCLUSION
GLOSSAIRE
ANNEXES
SOURCES ET BIBLIOGRAPHIE
TABLES