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Létude des
rapports entre lordre étatique français et les ordres
confessionnels fait apparaître combien ces relations peuvent être
plus diversifiées et plus complexes que ce que suggèrent
les termes de « neutralité bienveillante » et de «
tolérance sympathique » qui sont parfois employés
pour qualifier les relations entre les Églises et lÉtat
en France.
En droit français, les ordres confessionnels bénéficient
dune indépendance très large qui se traduit par lincompétence
de lordre étatique dans les affaires religieuses. Mais cette
autonomie est circonscrite à la sphère proprement spirituelle.
En dehors de cette sphère, les institutions religieuses se trouvent
dans un rapport de subordination avec lordre étatique, comme
toute institution infra-étatique. Elles doivent en subir les contraintes
et se conformer à ses exigences fondamentales.
Ces relations dindépendance et de subordination saccompagnent
dune certaine reconnaissance par lordre étatique qui
se traduit par une prise en considération du droit interne des
Églises dans les litiges qui se trouvent à lintersection
de la sphère spirituelle et de la sphère temporelle ainsi
que par une coopération entre la puissance publique et les autorités
représentatives des cultes. La reconnaissance étatique peut
apparaître antinomique avec le principe de séparation des
Églises et de lÉtat posé par la loi du 9 décembre
1905 et réaffirmé par le pouvoir constituant en 1946 et
en 1958. Néanmoins, cette contradiction peut être résolue
en sattachant à déterminer létendue et
les limites de la reconnaissance des institutions religieuses par lordre
étatique.
Table des matières
INTRODUCTION
PREMIÈRE PARTIE LINDÉPENDANCE DES INSTITUTIONS
RELIGIEUSES EN DROIT FRANÇAIS
TITRE I LAUTONOMIE DES INSTITUTIONS RELIGIEUSES : LINCOMPÉTENCE
DE LORDRE JURIDIQUE ÉTATIQUE DANS LA SPHÈRE SPIRITUELLE
Chapitre I Fondements et champ de lautonomie institutionnelle
Section 1 Les théories juridiques de lautonomie institutionnelle
§1. La théorie institutionnaliste
§2. La doctrine canonique
Section 2 La protection juridique de lautonomie institutionnelle
sous le régime de séparation des Églises et de lÉtat
§1. Limmixtion de lÉtat
dans lorganisation intérieure des cultes reconnus sous le
régime concordataire : le gallicanisme et ses faiblesses
§2. La portée de la séparation
des Églises et de lÉtat sur lautonomie institutionnelle
§3. Une spécificité du régime
de séparation des Églises et de lÉtat ?
Chapitre II Lautonomie des institutions religieuses dans
lexercice de leur pouvoir disciplinaire
Section 1 Un pouvoir disciplinaire soustrait au contrôle
de droit commun
§1. Le refus de contrôler la conformité
de la décision disciplinaire par rapport au droit interne des Églises
§2. Des solutions fondées sur le principe
de séparation du spirituel et du temporel
Section 2 La portée du principe de séparation du
spirituel et du temporel sur lincompétence des tribunaux
§1. Labus de droit : une réserve
au principe dincompétence des tribunaux
§2. Une valorisation discutable de lautonomie
institutionnelle
TITRE II LES LIMITES DE LAUTONOMIE DES INSTITUTIONS RELIGIEUSES
EN DROIT FRANÇAIS : LA SUBORDINATION DE LORDRE RELIGIEUX
DANS LA SPHÈRE TEMPORELLE
Chapitre I Une autonomie circonscrite à la sphère
spirituelle délimitée par lÉtat
Section 1 Le pouvoir de lÉtat dimposer aux Églises
la délimitation des sphères temporelle et spirituelle
§1. Un pouvoir fondé sur la souveraineté
de lÉtat
§2. Une définition formelle du domaine
temporel fragilisant lautonomie des Églises
Section 2 La compétence exclusive de lÉtat
dans le domaine temporel
§1. Le pouvoir de lÉtat de réglementer
unilatéralement le domaine temporel sans le consentement des Églises
§2. Linefficacité juridique
des règles religieuses dans lordre civil
Chapitre II Une autonomie limitée par le respect de lordre
public
Section 1 Des institutions infra-étatiques soumises aux
exigences de lordre public étatique
§1. Le respect de lordre matériel
et la police administrative des cultes
§2. Le respect de lautorité
exclusive de lÉtat dans le domaine temporel
§3. Le respect des libertés et droits
fondamentaux
Section 2 La mobilisation de lÉtat contre les groupes
portant atteinte à lordre public : le cas des sectes
§1. Lobjet de la mobilisation publique
§2. Les formes de la mobilisation publique
Conclusion de la première partie
DEUXIÈME PARTIE LA RECONNAISSANCE DE LORDRE RELIGIEUX
PAR LORDRE ÉTATIQUE
TITRE I LES INTERSECTIONS ENTRE LORDRE ÉTATIQUE ET
LES ORDRES CONFESSIONNELS
Chapitre I La prise en considération des systèmes
confessionnels par le juge étatique
Section 1 Le renvoi au droit interne des Églises par le
législateur
§1. La nature des règles dorganisation
générale du culte en droit français
§2. Le contrôle de conformité
aux règles dorganisation du culte
§3. La valeur juridique des décisions
ecclésiastiques
Section 2 La prise en compte du droit interne des Églises
par le juge pour lapplication de la norme étatique
§1. Un instrument dappréciation
pour la solution du litige
§2. Les problèmes juridiques posés
par la référence au droit interne des religions
Section 3 Lincorporation de la règle religieuse dans
le contrat
§1. La sanction accordée par le juge
aux règles religieuses
§2. La portée du contrôle juridictionnel
sur lautonomie des Églises
Chapitre II La qualification étatique des liens internes
à linstitution religieuse
Section 1 La diversité des statuts des ministres des cultes
en droit français
§1. Le statut particulier du ministre du
culte catholique
§2. Léclatement des statuts
des ministres des cultes non catholiques
Section 2 Les critères retenus dans le choix des qualifications
§1. Le poids du critère organique
dans lexclusion du droit du travail
§2. Le poids du critère organique
dans le contentieux de laffiliation au régime général
de la sécurité sociale
TITRE II LA COOPÉRATION ENTRE LÉTAT ET LES
ÉGLISES
Chapitre I Linstitutionnalisation des cultes : les ambiguïtés
dune démarche pragmatique
Section 1 Lémergence des instances représentatives
des cultes : un héritage du régime des "cultes reconnus" ?
§1. Linstitutionnalisation du judaïsme
sous le régime des "cultes reconnus" : la mise en
place dune autorité religieuse représentative du culte
§2. Un soutien actif de lÉtat
à la création du Conseil français du culte musulman
(CFCM)
Section 2 Le statut privilégié des autorités
religieuses représentatives et la protection des minorités
confessionnelles
§1. Linstance représentative
: un collaborateur privilégié de ladministration.
Le cas de labattage rituel
§2. La question de la légitimité
du critère de représentativité dans le droit des
religions
Chapitre II Les modalités de la coopération entre
lÉtat et les cultes
Section 1 La participation à la réglementation de
lactivité religieuse
§1. La participation des autorités
représentatives des cultes à la mise en uvre de la
réglementation de lactivité religieuse
§2. La participation des autorités
religieuses à lélaboration de la réglementation
de lactivité religieuse
Section 2 les limites de la collaboration entre lÉtat
et les cultes
§1. Des procédés de collaboration
qui ne lient pas lÉtat
§2. Le droit positif français soppose
au procédé conventionnel
Conclusion de la deuxième partie
CONCLUSION GÉNÉRALE
BIBLIOGRAPHIE
INDEX
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