Collection Les mondes
germaniques
Stéphanie BURGAUD
La politique russe de Bismarck et l'unification allemande
Mythe fondateur et réalités politiques
2010 ISBN 978-2-86820-406-6
504 p. 16,5x23,5 cm
Prix : 36 €
Avec la chute du Mur et le libre accès aux archives en Allemagne et en Europe de l'Est, l'historien peut enfin relire l'histoire de l’unité allemande, figée jusqu’ici dans l’encre des vulgates nationalistes nées de part et d’autre du Rhin à la fin du 19e siècle.
En reprenant le schéma que livre dans ses mémoires le principal artisan de l’unité, le ministre Otto von Bismarck, ces vulgates avaient pour mérite de tracer un plan efficace où les uns pouvaient lire son génie lumineux, les autres accuser le noir dessein du Prussien et la faillite du Second Empire. Ce plan quel est-il ? C’est l’idée que la Prusse a pu réaliser l’unification allemande grâce à la « neutralité bienveillante » russe dans les guerres successives des années 1860.
Grâce à une remarquable maîtrise des sources des deux parties et à l’exploitation d’archives russes inédites, notamment le fameux fonds Gortchakov, Stéphanie Burgaud compose un tableau inattendu de la politique extérieure tsariste, en précisant les relations entre pouvoir, opinion et nationalisme. Elle révise aussi la place de la Russie dans les stratégies bismarckiennes, moins maîtrisées que l’on a coutume de croire et dont l’alliance russe ne se révèle nullement le principe organisateur.
Stéphanie Burgaud ouvre ainsi des perspectives de recherche sur la notion allemande d’Ostpolitik où se mêlent et se confrontent impératifs politiques, histoire officielle et mémoire collective.
Ancienne élève de l’École Normale Supérieure de la rue d’Ulm, Stéphanie Burgaud
enseigne l’histoire à l’IEP de Toulouse.
Sommaire
INTRODUCTION
PREMIÈRE PARTIE – 1863 : UN « COUP DIPLOMATIQUE » FONDATEUR ?
I – La convention Alvensleben
II – Un échec multiforme en février
III – Mars-septembre 1863 : le renversement de situation, œuvre de la diplomatie bismarckienne ?
DEUXIÈME PARTIE – BISMARCK ET LA « NEUTRALITÉ MALVEILLANTE » RUSSE, 1864-1866
IV – Réévaluer le rôle de la Russie dans le premier succès prussien
V – Les choix « anti-russes » de la Prusse
VI – Le prix à payer : la malveillance russe (avril-juillet 1866)
TROISIÈME PARTIE – LES CHANCES DE LA COOPÉRATION PRUSSO-RUSSE, 1866-1871
VII – Août 1866-mars 1868 : une redéfinition des rapports prusso-russes ?
VIII – Mars 1868-juillet 1870 : la Russie condamnée à soutenir la Prusse ?
IX – Août 1870-mars 1871 : des succès prusso-russes ?
CONCLUSION GÉNÉRALE
Sources et bibliographie
Annexes
Table des cartes et illustrations
Index des personnages |