Dans la même collection
Quantité  

Collections de l'Université Marc Bloch de Strasbourg • Sciences de l'histoire

Les mises en scènes de l'espace
Faux-semblants, ajustements et expériences dans la ville

Sous la direction de Jean-Michel Mehl et Nicolas Bourguinat


2006 • 18 €
236 pages • 16,5x24 cm

ISBN 13 : 978-2-86820-287-1
ISBN 10 : 2-86820-287-X


   Vécue et éprouvée, pensée et mise en mouvement par ceux qui l’habitent, la ville, en tant qu’espace citadin, communautaire, municipal, est l’enjeu de symboliques nationales, de processus concurrents d’appropriations, de dynamiques sociales.
   À travers des exemples pris à Londres, Paris, Strasbourg, Mulhouse, Édimbourg aux 19e et 20e siècles, dans lesquels la géographie culturelle et l’histoire de la sensibilité à l’environnement urbain sont prises en considération, il est ici question des enjeux de ces mises en scènes en termes de contrôle social et d’identités collectives. Que ce soit par le biais de parcours imaginés ou bien par celui d’appropriations « illicites », comment les individus et les groupes sociaux réagissent-ils vis-à-vis des mises en scène(s) proposées et comment les identités spatialisées sont-elles intériorisées ?
   L’ouvrage s’organise en trois parties, qui correspondent aux trois axes de cette question. Délimiter des territoires, à savoir fixer et circonscrire l’inscription dans l’espace urbain de comportements constitués comme déviants (par exemple l’ivrognerie et la défécation). Préserver des lieux, c’est-à-dire constituer des espaces singuliers soustraits au paysage urbain, à ses règles communes et à ses contraintes, créer des espaces de liberté, de sociabilité ou tout simplement d’intimité. Disputer l’espace, au sens de composer avec les projections symboliques des groupes dominants et du pouvoir d’État, processus dans lequel résistances et esquives des citadins s’exercent subtilement, contre le « marquage » des lieux, et cherchent à faire vivre de nouvelles territorialités.


Ce volume s’inscrit dans la continuité des deux précédents recueils de travaux du groupe de recherches « Mobilités, Échanges, Transferts » de la Faculté des Sciences historiques de l’université Marc Bloch,
Les espaces de l’historien (2000) et Combler les blancs de la carte (2004), avec, comme dénominateur commun aux différentes contributions, leur terrain d'investigations, la ville, et leur volonté commune de l’étudier comme une construction mentale et imaginaire.



Table des matières

Présentation • Nicolas Bourguinat et Jean-Michel Mehl

Première partie
 • Délimiter des territoires : interdits et préjugés
   Les territoires du boire : le buveur en spectacle en Alsace (c. 1759 – c. 1870) •
 Françoise Steudler-Delaherche
   Le lieu des « lieux » : contrôle des corps et contrôle social dans les villes du 19e siècle •
 Marie-Claire Vitoux

Deuxième partie
 • Préserver des lieux : libertés et contraintes
   Main basse sur la ville ou les cadets de Gascogne à Paris au premier 17e siècle •
 Véronique Larcade
   Les lieux de l’intime dans la ville (France, 1920-1970) •
 Anne-Claire Rebreyend
   Visions concurrentes du pensionnat de jeunes filles en France au 19e siècle •
 Rebecca Rogers

Troisième partie • Disputer l’espace : voies et esquives du pouvoir
   Un conte de deux villes : lectures biographiques du West End londonien • 
Dana Arnold
   Pouvoir de la façade, façade du pouvoir (Édimbourg, 1860-1914) • 
Richard Rodger
   Espace citadin, espace municipal et puissance souveraine : les entrées napoléoniennes • 
Nicolas Bourguinat
   L’espace de la statuomanie : échec d’une mise en scène •
 Laurent Baridon
   La réappropriation de l’espace par l’armée française à Metz et à Strasbourg dans les années 1920 • 
Jean-Noël Grandhomme
   Le jeu d’échecs, une métaphore de l’espace urbain • Jean-Michel Mehl